La traçabilité n'est plus depuis longtemps une simple valeur ajoutée facultative : elle constitue le fondement de toute chaîne de distribution fiable. Qu'il s'agisse de produits alimentaires, de produits pharmaceutiques ou de biens techniques : pour savoir à tout moment d'où provient un lot, quel parcours il a suivi et où il se trouve actuellement, il faut des concepts clairs, des normes uniformes et des processus cohérents.
Or, la réalité dans de nombreux entrepôts et services d’expédition est tout autre : un étiquetage lacunaire, une saisie incohérente des données de base et des ruptures de système qui, en cas d’urgence – par exemple lors d’un rappel de produits –, font perdre un temps précieux. C’est précisément là qu’intervient ce guide.
Vous découvrirez ce que signifie la traçabilité dans le contexte logistique, en quoi le suivi (tracking) et la traçabilité (tracing) diffèrent, et quel rôle jouent dans la pratique les normes GS1 établies telles que le SSCC, le GTIN ou l’EPCIS. Nous vous présentons également les obligations légales en vigueur et comment réussir une mise en œuvre rigoureuse, de la gestion des réapprovisionnements à la logistique multicanal opérationnelle. PackageHERO® vous accompagne à chaque étape grâce à son expertise pratique approfondie.
Table des matières
- Qu'est-ce que la traçabilité ? – Définition et objectif
- Suivi vs traçabilité – Comparaison entre le suivi en aval et en amont
- Rappel de produits et traçabilité des lots – pourquoi la traçabilité est essentielle
- Normes GS1 pour la traçabilité – GTIN, SSCC, GLN, GS1-128 et EPCIS
- Cadre juridique – Article 18 du règlement (CE) n° 178/2002 et obligation de traçabilité de l’UE
- Mise en œuvre de la traçabilité dans la pratique – systèmes, données et étiquetage
- Conclusion – La traçabilité, une compétence stratégique essentielle dans la chaîne d'approvisionnement
- FAQ
Qu'est-ce que la traçabilité ? – Définition et objectif
Fondamentalement, la traçabilité – connue en anglais sous le nom de « traceability » – désigne la capacité à retracer à tout moment le parcours d’un produit, d’un lot ou d’une matière première tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Ce concept englobe l’historique complet du produit : qui a acheté quoi, quand et auprès de qui ; qui l’a transformé ou transmis ? Il est essentiel qu’il s’agisse d’un système d’information mis à jour en continu à toutes les étapes du processus, et non d’une simple documentation ponctuelle.
Le règlement (CE) n° 178/2002, entré en vigueur le 28 janvier 2002 et dont l’application est obligatoire depuis le 1er janvier 2005, régit précisément cette exigence : il oblige les entreprises à garantir une traçabilité sans faille, de la production initiale jusqu’au dernier point de vente, appelé « point of sale ». Il est important de faire la distinction avec le simple étiquetage : le numéro de lot, le numéro de série ou la date limite de consommation sont des conditions techniques préalables – la traçabilité est le système global qui rassemble ces informations au sein d’un flux d’informations structuré. La norme ISO 22005, publiée pour la première fois en 2007, est considérée comme le cadre internationalement reconnu pour la mise en place systématique de tels systèmes de gestion de la traçabilité, sans pour autant qu’il en découle une obligation générale de certification.
Suivi vs. traçabilité – Comparaison entre le suivi en amont et en aval
Au sein d'un système de traçabilité, on distingue deux procédés complémentaires qui, dans la pratique, sont regroupés sous le terme de « tracking et tracing », mais qui, sur le plan opérationnel, concernent des directions opposées. Le « tracking » désigne le suivi en aval le long de la chaîne d'approvisionnement, c'est-à-dire la capacité, à partir d'un point de départ connu, à déterminer où un produit ou un lot a été acheminé (en aval). La question inverse – d’où provient ce produit, à quel lot appartient-il, quel fournisseur en amont l’a fourni – trouve sa réponse dans le « tracing », qui consiste en un suivi ciblé en amont (upstream).
Dans ce contexte, le terme « traçabilité inverse » est délibérément compris comme un suivi systématique de l’origine, du lot et du fournisseur – et non, expressément, comme un processus de retour. Ces deux directions s’appuient sur les mêmes points de données structurés, qui doivent être soigneusement enregistrés et transmis à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. Les exigences légales minimales relatives à ce parcours des données sont détaillées dans la section consacrée au cadre juridique (→ Cadre juridique).
Suivi – Suivi en amont tout au long de la chaîne d'approvisionnement
L'intérêt pratique du suivi en aval ne réside pas dans l'indication de la direction, mais dans la précision des points de données enregistrés pour chaque type de station. Sur le site de production, le numéro de lot, le GTIN et la date de production sont enregistrés comme événement de départ. Lors du transfert vers le transporteur, le SSCC de l’unité d’expédition est ajouté en tant qu’identifiant d’unité (→ section SSCC/NVE). Au centre de distribution, on enregistre le scan d’entrée, l’emplacement de stockage et, le cas échéant, un lot de transfert ; chez le destinataire commercial, un scan à la réception des marchandises clôt le parcours des données avec la date de réception et la référence de commande.
Pour les produits de très grande valeur ou critiques en matière de sécurité, le SGTIN (Serialized GTIN) offre une option d’extension : il complète le suivi par lot par un numéro de série unique pour chaque pièce et permet ainsi une traçabilité sans faille jusqu’au niveau de la pièce, indépendamment du contexte du lot. Lorsque le SGTIN est utilisé, chaque unité peut être traitée comme un objet de suivi autonome, même si elle passe d’une unité d’expédition à une autre au cours de la chaîne d’approvisionnement. Un cas d’application réglementaire obligatoire se présente dans le domaine des dispositifs médicaux : le règlement européen 2017/745 (MDR) impose, pour les dispositifs médicaux à partir de la classe I, une identification unique du dispositif (UDI) qui suit la logique du SGTIN au niveau du support. Chaque dispositif doit être muni d’un support UDI lisible par machine, qui contient à la fois l’identifiant du produit (DI, correspondant au niveau GTIN) et l’identifiant de production (PI, correspondant au niveau du numéro de série ou du lot). Les données UDI doivent être enregistrées dans la base de données européenne EUDAMED, ce qui fait de la traçabilité pièce par pièce dans ce secteur non plus une option d’optimisation, mais une exigence légale minimale.
Traçabilité – Retour en amont vers l'origine, le lot et le fournisseur
Dans la pratique, le suivi en amont impose des exigences plus élevées en matière de traçabilité que le suivi en aval, car les processus de production réels permettent rarement une correspondance linéaire et biunivoque entre les lots entrants et sortants. Trois cas de figure compliquent structurellement la traçabilité des lots :
Le « lot-splitting » désigne la répartition d’un lot d’entrée entre plusieurs lots de sortie – par exemple lorsqu’un conteneur de matière première est utilisé pour deux cycles de production. Dans ce cas, le traçage doit pouvoir attribuer les deux lots de sortie au lot d’origine commun. Le problème des lots mixtes (problème des ingrédients multiples) est encore plus complexe : lorsque des ingrédients provenant de lots de livraison différents sont assemblés au cours d’une même étape de production, il en résulte des lots de sortie qui renvoient à plusieurs lots d’origine. Sans documentation explicite de ces relations n-à-m dans le système, il n’est plus possible de reconstituer entièrement la généalogie du produit en amont. Troisièmement, des lacunes apparaissent lors des regroupements de lots en logistique, lorsque des palettes contenant différents lots de production portant le même GTIN sont transférées ensemble sans que la référence du lot ne soit conservée pour chaque unité commerciale.
Une quatrième source de complexité apparaît lors des fractionnements transfrontaliers de lots : lorsqu’un lot entrant est réparti entre des sites de production situés dans différents pays – par exemple l’UE et le Royaume-Uni après le Brexit –, des exigences nationales différentes en matière de traçabilité et de délais de conservation s’appliquent. Au Royaume-Uni, des réglementations autonomes relevant du « Retained Law » sont en vigueur depuis 2021 ; bien que leur contenu corresponde largement au droit européen, elles sont appliquées au niveau national et peuvent, dans certains cas, donner lieu à des obligations de documentation différentes. Un système de traçabilité doit prendre en compte cette divergence pour chaque sous-lot et enregistrer la base juridique applicable dans chaque cas.
Ces quatre cas de figure complexes montrent que la traçabilité en amont n’est pas uniquement une question de disponibilité des données, mais relève également de choix de modélisation structurelle. Le chapitre 5 de la norme ISO 22005 exige expressément que les relations de transformation entre les unités d’entrée et de sortie soient définies comme des composants explicites du système – et non comme une reconstruction a posteriori. Le fait de savoir lesquelles de ces relations le système est capable de représenter dès le départ détermine jusqu’où s’étend réellement la traçabilité en cas d’incident (→ identification des lots et données de référence).
Rappel de produits et traçabilité des lots : pourquoi la traçabilité est essentielle
Un rappel de produits ne relève pas d’une décision isolée, mais d’un processus structuré comportant des phases clairement définies – et chaque phase impose des exigences spécifiques au système de traçabilité :
- Détection de l’événement : un défaut de qualité, une contamination ou un risque pour la sécurité est identifié – en interne par des autocontrôles ou en externe par un signalement du client ou une notification des autorités. Le système doit fournir à ce moment-là le numéro de lot concerné comme point de départ.
- Identification des lots : à partir du numéro de lot, tous les lots, unités d’expédition (SSCC) et cycles de production concernés sont déterminés. En cas de lots mixtes, tous les lots entrants concernés doivent être retracés en amont. L’objectif est d’établir un bilan quantitatif complet dans les délais imposés par les autorités.
- Notification aux clients : le suivi en aval fournit la liste de tous les destinataires livrés pour chaque SSCC concerné. Les entreprises disposant d’un suivi SSCC de bout en bout peuvent ainsi délimiter avec précision le volume de marchandises concerné, car seules les destinataires et les unités effectivement livrés sont identifiés de manière ciblée – au lieu de bloquer à titre préventif des gammes entières de produits. Les notifications doivent être documentées de manière vérifiable ; l’absence de données sur les destinataires rend impossible une information ciblée.
- Retrait du marché : récupération physique ou blocage des marchandises chez le client. Le SSCC permet l’identification même lorsque les emballages d’origine ont déjà été ouverts, à condition que le niveau des unités ait été enregistré de manière continue.
- Déclaration aux autorités : en vertu de l’article 19 du règlement (CE) n° 178/2002, les entreprises du secteur alimentaire sont tenues d’informer sans délai l’autorité compétente lorsqu’un produit ne satisfait pas aux exigences en matière de sécurité alimentaire. La notification doit contenir les informations relatives au lot, les quantités concernées et la localisation des marchandises – des informations que seul un parcours de données entièrement mis à jour peut fournir dans les délais impartis.
Les rappels de produits et les retraits du marché ne constituent donc pas des événements exceptionnels pouvant être gérés au cas par cas, mais des scénarios auxquels le système de traçabilité doit être structurellement préparé.
Communication de crise : mise à disposition d'informations pour les autorités et les services concernés
Si la traçabilité fait défaut en cas d'incident ou si le suivi des lots met en évidence un risque pour la sécurité, deux systèmes de notification et d'information juridiquement distincts s'appliquent, qu'il convient de différencier précisément sur le fond.
RASFF et autorités nationales – Sécurité alimentaire selon le règlement (CE) n° 178/2002 : le RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed) de l’UE distingue trois types de notifications : les « Alert Notifications » pour les produits déjà présents sur le marché et présentant un risque grave ; les notifications d’information pour les produits présentant un risque, mais ne nécessitant pas de réaction immédiate ; ainsi que les notifications de rejet à la frontière pour les lots refusés aux frontières extérieures de l’UE. L'article 50 du règlement (CE) n° 178/2002 oblige les États membres à transmettre sans délai les notifications RASFF ; dans la pratique, un délai de réaction de 24 heures à compter de la demande des autorités sert de référence pour la mise en œuvre nationale – il ne s'agit pas d'un délai légalement codifié, mais d'une norme établie par les autorités compétentes. Au niveau national, la coordination est assurée par les agences de contrôle alimentaire des Länder ainsi que par l’Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire (BVL) ; les informations destinées au public sont publiées sur le portail lebensmittelwarnung.de.
Loi sur la chaîne d’approvisionnement (LkSG) – champ d’application différent en matière de traçabilité : La LkSG, entrée en vigueur le 1er janvier 2023, adopte une approche fondamentalement différente de la traçabilité par lot prévue à l’article 18 du règlement (CE) n° 178/2002. Elle n’oblige pas les entreprises à établir la généalogie des produits, mais à respecter des obligations de diligence en matière de droits de l’homme et d’environnement vis-à-vis de leurs fournisseurs directs et – en cas d’indices concrets – indirects. À son entrée en vigueur, la loi s’appliquait initialement aux entreprises comptant au moins 3 000 salariés sur le territoire national ; depuis le 1er janvier 2024, le seuil a été abaissé à 1 000 salariés sur le territoire national. Ceux qui assimilent la LkSG à la traçabilité par lots confondent deux systèmes distincts sur le plan juridique et opérationnel – qui contribuent ensemble à la transparence de la chaîne d’approvisionnement, mais imposent des exigences différentes en matière de documentation et de processus.
Normes GS1 pour la traçabilité – GTIN, SSCC, GLN, GS1-128 et EPCIS
En tant qu'organisme de normalisation leader mondial dans les domaines de l'identification, de la communication et de la gestion des données au sein des chaînes d'approvisionnement, GS1 constitue le fondement d'une traçabilité inter-systèmes et sans rupture de média. GS1 est présent dans plus de 150 pays ; à l'échelle mondiale, plus de 2 millions d'entreprises utilisent les normes GS1 (source : GS1 Global). La caractéristique essentielle de ce cadre réside dans le fait qu’il ne s’agit pas d’un assemblage disparate de solutions isolées, mais d’un système cohérent qui relie tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement : produits, unités d’expédition, sites et données d’événements.
Le défi structurel est ici fondamental : aucune entreprise ne connaît à elle seule toutes les étapes en aval par lesquelles passe un produit après son premier transfert. Les parcours de la chaîne d’approvisionnement émergent progressivement, à travers une succession de relations commerciales qui ne sont pas encore définies au moment de la production. C’est précisément pour cette raison qu’un système d’identification commun, suivi par tous les acteurs – du fournisseur de matières premières au détaillant –, n’est pas une solution de facilité, mais la seule base technique permettant de relier de manière exhaustive les parcours de la chaîne d’approvisionnement au-delà des frontières de l’entreprise.
Aperçu des quatre éléments clés :
- GTIN – identifie de manière unique le contenu d’un envoi ; détails dans la section consacrée au GTIN.
- SSCC/NVE – identifie de manière unique l’unité logistique d’expédition à l’échelle mondiale ; détails dans la section consacrée au SSCC et au NVE.
- GLN – répond aux questions « qui » et « où » ; détails dans la section consacrée au GLN, au GS1-128 et à l’EPCIS.
- GS1-128 / EPCIS 2.0 (publié en 2022) – étiquetage lisible par machine et échange standardisé de données d’événements ; détails également dans la section consacrée au GLN, au GS1-128 et à l’EPCIS.
Les entreprises qui transposent systématiquement cette compréhension du système dans leurs pratiques d’étiquetage posent ainsi les bases opérationnelles d’une traçabilité fiable – et créent en même temps les conditions nécessaires pour que les fournisseurs et les clients puissent également être intégrés dans un flux de données commun et continu.
GTIN – L'identification des articles, fondement de la traçabilité des produits
Le GTIN (Global Trade Item Number) est le numéro d'identification unique au monde et sans chevauchement des unités commerciales, qu'il s'agisse d'une unité de consommation, d'une variante ou d'un emballage. Il permet uniquement d’identifier le produit ou la variante concernée et constitue ainsi la base indispensable à la traçabilité des produits : sans GTIN, les données relatives aux lots et à la traçabilité ne peuvent pas être attribuées de manière univoque à un article défini.
Sur les unités de consommation et les unités commerciales, le GTIN est apposé sous forme de code-barres – EAN ou UPC – lisible par machine et est automatiquement enregistré à chaque point de lecture. La norme EAN a été introduite en Allemagne le 1er juillet 1977 et s’est depuis imposée comme norme d’identification des articles dans plus de 100 pays ; selon GS1 Germany, plus de 130 000 entreprises y ont adhéré rien qu’en Allemagne (chiffres de GS1 Germany, 2023). Seul le GTIN, en tant qu’identifiant d’article stable, permet d’attribuer de manière cohérente les données d’événements et de mouvements à un produit tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
SSCC/NVE – unité d'expédition unique et élément obligatoire de l'étiquette de transport
Élément obligatoire de l'étiquette de transport GS1, le SSCC (Serial Shipping Container Code), également connu en Allemagne sous le nom de NVE (numéro d'unité d'expédition), identifie de manière unique et sans chevauchement, partout dans le monde, chaque unité d'expédition physique, telle qu'une palette ou un carton. Au niveau international, il s’est imposé sur les cinq continents comme « norme de plaque d’immatriculation » conformément à la norme ISO/IEC 15459. Sa véritable force réside toutefois dans son rôle de passerelle logistique : le SSCC est associé à des informations sur le contenu, le lot, l’expéditeur et le destinataire, permettant ainsi une documentation complète de toutes les étapes d’entrée en stock, de sortie de stock et de transfert, au-delà des frontières logistiques.
Il est notamment représenté dans la norme de code-barres GS1-128, mais aussi sous la forme d’un EPC (code produit électronique) ainsi que dans les formats d’échange de données électroniques EANCOM® et GS1 XML – et peut ainsi être saisi automatiquement et transmis par voie électronique. Toute entreprise utilisant le système GS1 est tenue d’indiquer le SSCC sur l’étiquette de transport.
GLN, GS1-128 et EPCIS – Site, supports de données et échange de données numériques
En tant que maillons numériques du système modulaire GS1, le GLN, le GS1-128 et l'EPCIS complètent les identifiants liés aux produits et aux unités en y ajoutant les dimensions « site », « étiquette » et « échange de données inter-entreprises ». Le Global Location Number (GLN) identifie les entreprises, les sites et les domaines fonctionnels en tant qu’acteurs concrets au sein de la chaîne d’approvisionnement – et répond ainsi sans ambiguïté aux questions « qui » et « où ».
La norme de code-barres GS1-128 regroupe sur l’étiquette logistique tous les attributs pertinents – GTIN, numéro de lot, date limite de consommation et SSCC – en un seul code-barres lisible par machine, permettant ainsi la saisie automatique de ces données à chaque point de lecture. Pour l’échange de données entre différents systèmes, la norme ouverte GS1 EPCIS (Electronic Product Code Information Services) est disponible : elle structure les événements de la chaîne d’approvisionnement selon le modèle « qui a fait quoi, quand et où avec un produit » et permet ainsi une traçabilité EPCIS automatisée, même au-delà des frontières de l’entreprise. La gestion rigoureuse des données relatives aux articles, aux fournisseurs et aux sites – telle que décrite dans la section consacrée à la qualité des données de base – est la condition préalable pour que ces trois éléments puissent déployer pleinement leur potentiel.
Cadre juridique – Article 18 du règlement (CE) n° 178/2002 et obligation de traçabilité imposée par l'UE
Dans l'Union européenne, l'obligation légale de traçabilité dans le secteur alimentaire repose sur l'article 18 du règlement (CE) n° 178/2002, dit « législation alimentaire générale ». Ce règlement définit les principes généraux et les exigences de la législation alimentaire et impose de manière contraignante la traçabilité depuis la production primaire jusqu'au dernier point de vente. Depuis le 1er janvier 2005, toutes les entreprises qui mettent sur le marché ou transforment des denrées alimentaires, des ingrédients alimentaires, des substances destinées à l’alimentation animale ou des animaux sont tenues de mettre en place et de maintenir en permanence un système de traçabilité adapté.
Le principe opérationnel fondamental est « un pas en arrière – un pas en avant » : chaque entreprise doit pouvoir identifier et documenter son fournisseur immédiat, ainsi que savoir à qui elle a livré ses produits. Cette obligation s’applique à tous les niveaux de la chaîne, de l’agriculture à la logistique en passant par la transformation, le stockage et la distribution.
Il convient de noter le caractère normatif de l’article 18 : le règlement prescrit le résultat – une traçabilité sans faille – et non la méthode technique permettant d’y parvenir. Qu’il s’agisse d’un code-barres, de la technologie RFID, d’une liste de lots sur support papier ou de l’intégration EPCIS : le législateur laisse aux entreprises le choix du système. Cette liberté d’organisation signifie toutefois que la charge de la preuve incombe entièrement à l’entreprise. En cas de problème, quiconque ne peut fournir des informations complètes ne peut invoquer l’absence de prescription technique – mais n’a tout simplement pas atteint le résultat prescrit par la norme. À cela s’ajoute, au niveau national, le Code allemand de la législation sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (LFGB), qui transpose les dispositions européennes en droit allemand. Ce cadre juridique s’inscrit systématiquement dans le concept HACCP, qui constitue un cadre de gestion préventif pour la sécurité alimentaire.
Mettre en œuvre la traçabilité dans la pratique : systèmes, données et étiquetage
Dans la pratique, les lacunes en matière de traçabilité apparaissent souvent aux mêmes endroits, quelle que soit la qualité de l'élaboration du concept sous-jacent sur le papier. En l’absence d’interface ERP bidirectionnelle avec le système de gestion des entrepôts (WMS), des ruptures de lots silencieuses se produisent : une palette est physiquement transférée correctement et enregistrée dans le WMS, mais la référence de commande correspondante conserve, dans l’ERP, le statut de lot entrant. En cas de rappel, la mise en concordance nécessite alors une intervention manuelle pour faire le lien entre les deux systèmes – une charge de travail qui, dans le cadre d’une opération de rappel en cours, compromet structurellement la réactivité exigée par les autorités.
Une gestion des réapprovisionnements bien pensée, qui prend en compte les limites de lots comme paramètres de planification, empêche en outre la formation dans l’entrepôt de stocks mixtes issus de lots de production différents, ce qui compliquerait a posteriori la traçabilité en amont. La manière dont certains types d’événements sont corrompus par des ruptures de système et les contre-mesures techniques efficaces sont détaillées dans la section consacrée à la numérisation et à l’intégration des systèmes (→ Numérisation et intégration des systèmes). PackageHERO® aide les entreprises à concevoir des solutions d’étiquetage et de logistique de manière à ce que l’étiquetage physique et la saisie numérique des données soient coordonnés dès le départ.
Le marquage des lots et la qualité des données de base, fondements de la traçabilité
La fiabilité de la traçabilité dépend entièrement de la qualité des données de base sous-jacentes. Le chapitre 5 de la norme ISO 22005 précise le niveau de détail requis du système : il stipule que l’unité de traçabilité – c’est-à-dire la plus petite unité traçable – doit être explicitement définie et que, pour chaque étape de transformation, la transition entre l’unité d’entrée et l’unité de sortie doit être documentée. Le chapitre 6 précise les attributs qui doivent être attribués de manière univoque à cette unité – du numéro de lot au fournisseur, en passant par la date de production et les quantités. Ces spécifications déterminent le niveau de détail des informations que le système peut fournir en cas d’incident. Pour la mise en œuvre pratique de la saisie des données de base sur l’ensemble des systèmes concernés, ces définitions doivent être gérées non seulement de manière exhaustive, mais aussi cohérente.
Des données de base erronées transforment chaque requête relative à un lot en une recherche manuelle, ce qui a une incidence directe sur la capacité à fournir des informations aux autorités dans les délais légaux. Dans la pratique, on observe des erreurs typiques dans les données de base qui interrompent structurellement le flux d’informations :
- Numéros de lot non uniques chez plusieurs fournisseurs : si différents fournisseurs en amont attribuent le même numéro de lot à des productions différentes, il n’est plus possible, en cas de rappel, d’établir une attribution claire de l’origine – l’obligation de fournir des informations aux autorités ne peut alors pas être respectée dans les délais.
- Absence de lien GLN lors des changements de site : lorsqu’un site de stockage ou de production est ajouté au système sans qu’un GLN lui soit attribué, des points de transfert anonymes apparaissent dans le flux de processus – les mouvements ne peuvent être attribués à aucun acteur défini.
- Données de base des articles incohérentes : des attributions GTIN divergentes entre l’ERP et le WMS ont pour conséquence que les mouvements de lots ne suivent pas de manière cohérente un article et que les requêtes de traçabilité aboutissent à une impasse.
Chacun de ces types d’erreurs a un impact direct sur la capacité à fournir des informations en cas de rappel : lorsqu’il est impossible d’attribuer sans ambiguïté un point de transfert à une unité enregistrée, la traçabilité est perdue à cet endroit précis – et avec elle, la base nécessaire à une réaction conforme à la législation.
Numérisation et intégration de systèmes – traçabilité de bout en bout via des interfaces
Pour un système de traçabilité robuste, la numérisation ne détermine pas seulement l'efficacité, mais aussi la capacité fondamentale de la traçabilité à fonctionner – en particulier lorsque les données doivent être échangées au-delà des frontières de l'entreprise. Dans la pratique, les étapes de mise en œuvre vont généralement des bons de livraison structurés et des modèles sous forme de tableaux à l’enregistrement des stocks à l’aide de codes-barres et de scanners, jusqu’aux systèmes ERP et WMS entièrement intégrés, avec une connexion aux données EPCIS comme objectif d’intégration.
Mais même les systèmes internes les plus aboutis atteignent leurs limites dès que des environnements informatiques hétérogènes se heurtent aux interfaces avec les fournisseurs ou les clients. C’est précisément là que se produisent les lacunes les plus fréquentes. Le principal levier réside donc dans des formats d’échange de données standardisés qui relient toutes les étapes. EPCIS définit à cet effet des types d’événements concrets : ObjectEvent décrit le changement de statut d’un objet individuel – par exemple, la lecture d’une palette lors de la sortie des marchandises. AggregationEvent documente le regroupement d’unités, par exemple lorsque des cartons sont regroupés sur une palette. TransactionEvent relie un objet à une opération commerciale spécifique, telle qu’une commande ou un bon de livraison.
Chacun de ces types d’événements présente une vulnérabilité spécifique aux erreurs, résultant de certaines ruptures de système : l’absence de retour d’information ERP dans le WMS corrompt principalement les TransactionEvents – les mouvements de stock sont enregistrés correctement sur le plan physique, sans que l’opération commerciale correspondante ne soit répercutée dans le système commercial, ce qui entraîne une divergence entre l’événement logistique et le lot commercial. En revanche, les saisies manuelles de lots aux points de scan corrompent principalement les « ObjectEvents » : les fautes de frappe ou les confusions concernant le numéro de lot génèrent des identités d’objet erronées qui se répercutent sur tous les événements suivants et rendent structurellement impossible toute résolution en amont ultérieure. Pour la logistique multicanal, cela signifie que même si un même lot est livré via différents canaux de traitement des commandes, tous les événements ne restent associés à un fil de données commun que si les ObjectEvents et les TransactionEvents sont enregistrés de manière exhaustive et cohérente.
L’un des avantages structurels d’EPCIS par rapport aux enregistrements de lots ERP modifiables a posteriori réside dans l’architecture de la journalisation des événements : les journaux EPCIS sont conçus comme des chaînes d’événements en mode « append-only » (ajout uniquement) : une fois enregistrés, les événements ne peuvent pas être écrasés, mais seulement complétés par de nouveaux événements. Cela les rend structurellement plus résistants à la falsification que les entrées ERP, qui peuvent être corrigées, redatées ou écrasées dans le cadre des activités quotidiennes. Dans le cas des autorités, cela se traduit par une différence concrète en matière de charge de la preuve : un journal EPCIS complet et inaltérable documente l’état réel au moment de l’événement, tandis qu’un enregistrement ERP modifié a posteriori reste, en cas de doute, susceptible d’exiguer des explications.
Conclusion – La traçabilité, une compétence stratégique essentielle dans la chaîne d'approvisionnement
Les exigences en matière de traçabilité vont considérablement s’étendre dans les années à venir, tant sur le plan réglementaire que technologique, au-delà des obligations actuellement en vigueur. Ceux qui mettent dès aujourd’hui en place les systèmes existants de manière cohérente posent les bases de ces deux axes de développement.
Perspectives réglementaires : le passeport numérique européen des produits deviendra obligatoire à partir de 2027 pour certaines catégories de produits. Les batteries seront les premières concernées, conformément au règlement européen 2023/1542 ; pour les textiles et l’électronique, le règlement sur l’écoconception (ESPR) constitue la base juridique des règlements d’application correspondants. Le passeport produit rend les données de traçabilité numériques accessibles tout au long du cycle de vie du produit, tant pour les autorités que pour les acteurs du marché – et nécessite ainsi une infrastructure qui va bien au-delà de l’enregistrement actuel des lots. Parallèlement, la CSRD (directive sur le reporting de durabilité des entreprises) échelonne son application selon les catégories d’entreprises : les entreprises cotées en bourse comptant plus de 500 salariés rendront compte pour la première fois au titre de l’exercice 2024 ; les grandes entreprises non cotées suivront pour l’exercice 2025, à condition qu’elles dépassent au moins deux des trois seuils suivants : plus de 250 salariés, un total du bilan supérieur à 20 millions d’euros ou un chiffre d’affaires net supérieur à 40 millions d’euros. Ces deux cadres réglementaires exigent une base de données fiable sur la structure de la chaîne d’approvisionnement, condition préalable également à l’établissement des rapports non financiers.
Perspectives technologiques : parallèlement à l’extension de la réglementation, GS1 développe, avec le concept des « Verifiable Credentials », une approche qui ne se contente pas de conserver les données de traçabilité en interne, mais les rend cryptographiquement vérifiables et vérifiables d’une entreprise à l’autre. Un premier cas d’application concret et réglementé se profile dans le cadre des notifications RASFF : à l’avenir, les autorités pourraient, au lieu de procéder à des requêtes manuelles sur les lots, consulter directement des preuves d’origine vérifiables, ancrées de manière cryptographique aux événements respectifs de la chaîne d’approvisionnement – et ainsi réduire structurellement le temps de réaction en cas d’alerte. Ceux qui investissent aujourd’hui dans des systèmes de bout en bout – de l’étiquetage à l’intégration EPCIS en passant par la gestion des données de base – posent ainsi les fondations sur lesquelles ces futures exigences pourront s’appuyer. PackageHERO® accompagne les entreprises dans la planification et la mise en œuvre de solutions professionnelles d’étiquetage et de logistique, qui constituent le socle concret d’un système de traçabilité pérenne.
Comment un rappel de produits efficace se déroule-t-il concrètement ? Quelles informations doivent être disponibles et dans quels délais ?
Un rappel de produits efficace suit des étapes clairement définies : tout d'abord, le numéro de lot concerné doit être immédiatement disponible comme point de départ. Sur cette base, la traçabilité en amont permet d'identifier tous les lots, unités d'expédition (SSCC) et lots entrants concernés, y compris le bilan des quantités. Grâce au suivi en aval, la liste complète des destinataires est générée pour chaque SSCC, afin de n’avertir que les clients effectivement livrés. L’autorité compétente doit être informée sans délai, avec les informations relatives au lot, aux quantités concernées et à la localisation des marchandises. La base juridique de cette obligation de notification est l’article 19 du règlement (CE) n° 178/2002, qui oblige les exploitants du secteur alimentaire à informer immédiatement les autorités. Seule une traçabilité des données parfaitement tenue à jour permet de fournir ces informations dans les délais impartis.
Quel rôle joue la traçabilité par lot lors d'un rappel de produits ? Et en quoi un système de traçabilité sans faille contribue-t-il à limiter l'ampleur du rappel ?
En cas de rappel de produits, la traçabilité des lots est essentielle pour délimiter avec précision l'étendue du rappel. Le point de départ est toujours le numéro de lot concerné : grâce au traçage en amont (upstream tracing), tous les lots entrants, matières premières et fournisseurs en amont associés sont identifiés – y compris, dans le cas de lots mixtes, plusieurs sources d'origine simultanément. Le suivi en aval (downstream tracking) fournit, via le SSCC, la liste complète des clients livrés et des unités d’expédition concernées. Un système de traçabilité sans faille évite de devoir bloquer des gammes entières par ignorance. Au contraire, seules les lots et les destinataires réellement concernés peuvent être ciblés.
Quelle est la différence entre le suivi (en aval : « Où va-t-il ? ») et la traçabilité (en amont : « D'où vient-il ? ») dans la chaîne d'approvisionnement ?
Le suivi et la traçabilité sont deux axes complémentaires au sein d'un système de traçabilité, qui fonctionnent de manière opposée : le suivi (en aval) répond à la question « Où ? » : à partir d’un point de départ connu – par exemple le site de production –, on suit la destination vers laquelle un lot ou un produit a été transféré. Les données typiques sont le GTIN, le SSCC, la date de réception et la référence de commande pour chaque étape. Le traçage (en amont) répond à la question « D’où vient-il ? » : il permet de remonter la chaîne pour déterminer de quel lot provient un produit, quel fournisseur en amont l’a fourni et quels lots entrants ont été traités. Ces deux procédures s’appuient sur les mêmes points de données structurés, qui doivent être soigneusement enregistrés et transmis à chaque étape de la chaîne logistique.
À quels objets s'applique la traçabilité ? S'applique-t-elle uniquement aux produits ou également aux matières premières, aux emballages et aux unités de transport ?
La traçabilité ne concerne pas uniquement les produits finis, mais tous les éléments concernés par la traçabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Cela comprend : - Matières premières et ingrédients – avec leur lot de livraison et leur origine respectifs - produits semi-finis et finis – identifiés par leur GTIN et leur numéro de lot - unités d’emballage – en tant qu’objets de traçabilité autonomes, par exemple lorsque plusieurs lots portant le même GTIN sont transférés ensemble - unités de transport (unités d’expédition) – identifiées de manière univoque par le SSCC/NVE. Il est essentiel que, à chaque point de transfert, le lien entre ces niveaux d’objets soit documenté – c’est-à-dire quel lot de matières premières a été transformé en quelle unité d’expédition au cours de quel cycle de production. Ce sont précisément ces relations de transformation qui constituent le cœur d’un système de traçabilité efficace.
Quels sont les risques économiques et juridiques encourus par une entreprise qui ne peut pas démontrer qu'elle dispose d'un système de traçabilité opérationnel ?
L'absence d'un système de traçabilité opérationnel entraîne des risques économiques et juridiques considérables. Sur le plan juridique, toute infraction à l'article 18 du règlement (CE) n° 178/2002 est passible d'amendes et de mesures administratives. Sur le plan économique, l’absence de données en cas de rappel entraîne le blocage de gammes entières de produits, au lieu de se limiter aux lots concernés de manière ciblée, ce qui augmente considérablement les coûts liés au rappel. À cela s’ajoutent les atteintes à la réputation, les actions en responsabilité des partenaires commerciaux ou des consommateurs lésés, ainsi que la perte de partenariats commerciaux qui exigent contractuellement la traçabilité.
Pour quels secteurs d'activité et quelles tailles d'entreprises la traçabilité dans la chaîne d'approvisionnement est-elle importante ?
La traçabilité est importante dans tous les secteurs, en particulier lorsque la qualité des produits ou des lots a des répercussions directes sur la santé et la sécurité. Les secteurs les plus concernés sont l’agroalimentaire et l’alimentation animale (soumis à une obligation légale en vertu du règlement (CE) n° 178/2002), l’industrie pharmaceutique et des dispositifs médicaux, ainsi que l’industrie automobile et électronique. En ce qui concerne la taille des entreprises, l’obligation légale de traçabilité ne connaît aucun seuil. Qu'il s'agisse d'un petit commerçant alimentaire, d'un producteur de taille moyenne ou d'un grand groupe, toute entreprise qui fabrique, transforme ou commercialise des denrées alimentaires, des ingrédients ou des produits connexes est en principe concernée. Les entreprises de distribution et de logistique, en tant qu'intermédiaires de la chaîne d'approvisionnement, assument également une responsabilité.
Qu'entend-on par « traçabilité » (traceability) dans la chaîne d'approvisionnement – et pourquoi ce sujet revêt-il une importance croissante pour les entreprises ?
La traçabilité – également appelée *traceability* – désigne la capacité à suivre à tout moment et sans interruption le parcours d'un produit, d'un lot ou d'une matière première tout au long de la chaîne d'approvisionnement : de la production initiale jusqu'au point de vente. Il ne s’agit pas seulement d’étiquetage, mais d’un système d’information géré de manière cohérente à toutes les étapes. Ce sujet prend de l’importance car les entreprises y sont légalement tenues – notamment par le règlement (CE) n° 178/2002 – et parce qu’en cas d’incident, par exemple lors d’un rappel de produits, seul un système de traçabilité opérationnel permet une réaction rapide et ciblée et évite les rappels généralisés coûteux.
Quel rôle jouent les solutions professionnelles d'emballage et d'étiquetage dans la mise en œuvre concrète des exigences en matière de traçabilité – et comment…
Les solutions professionnelles d'emballage et d'étiquetage constituent la base opérationnelle de tout système de traçabilité : sans étiquettes de lot et SSCC correctement apposées sur les unités d'expédition, ni le suivi en aval ni la traçabilité en amont ne peuvent fonctionner de manière fiable. Un étiquetage lacunaire ou incohérent entraîne directement des défaillances du système, avec des conséquences coûteuses en cas de rappel. PackageHERO® aide les entreprises à mettre en place cette base opérationnelle de manière rigoureuse : grâce à un savoir-faire axé sur la pratique en matière d’étiquetage conforme à la norme GS1, à des solutions d’emballage adaptées aux processus de distribution traçables et à des recommandations fondées tout au long de la chaîne de processus – de la saisie des données de base à l’étiquetage scannable sur les palettes et les unités d’expédition.
Quelles sont les conditions techniques et organisationnelles que les entreprises doivent remplir pour garantir une traçabilité sans faille dans leur chaîne logistique ?
Pour garantir une traçabilité sans faille, les entreprises doivent mettre en place des mesures à la fois techniques et organisationnelles : Sur le plan technique, il est essentiel que chaque unité soit dotée d’un marquage conforme aux normes – par exemple le GTIN au niveau du produit et le SSCC au niveau des unités d’expédition. Chaque maillon de la chaîne logistique doit enregistrer les données d’événement sous une forme lisible par machine : numéro de lot, date de production, emplacement de stockage et scan à la réception des marchandises. Des systèmes tels qu’EPCIS permettent l’échange de données entre entreprises sans rupture de format. Sur le plan organisationnel, les données de base doivent être gérées de manière exhaustive, cohérente et à jour. Les relations de transformation entre les lots entrants et sortants – par exemple en cas de fractionnement de lots ou de lots mixtes – doivent être documentées de manière explicite. Les ruptures entre les systèmes de l’entrepôt, de l’expédition et des systèmes informatiques doivent être éliminées afin que, en cas d’incident, tous les points de données puissent être consultés dans les délais impartis.
Quelles sont les conséquences encourues par les entreprises en cas de non-respect des obligations de traçabilité prévues par la législation alimentaire, conformément au règlement (CE) n° 178/2002 ?
En cas de non-respect des obligations de traçabilité prévues par le règlement (CE) n° 178/2002, les entreprises s'exposent à des conséquences graves à plusieurs niveaux : Les mesures administratives comprennent des contrôles d'exploitation, des blocages de produits, des retraits du marché ordonnés ainsi que des amendes – dont le montant est fixé par le droit national et régi, en Allemagne, par la loi LFGB. Des risques de responsabilité surviennent lorsque, en raison d’une documentation lacunaire, les dommages n’ont pas pu être limités à temps et que les acheteurs ou consommateurs concernés font valoir des droits à dommages-intérêts. Les conséquences opérationnelles concernent avant tout les cas de rappel : toute entreprise incapable de fournir les données de lots aux autorités dans les délais impartis s'expose à des blocages de produits étendus, bien au-delà de la gamme de produits réellement concernée.
Que prévoit l'article 18 du règlement (CE) n° 178/2002 ? Et que signifie concrètement le principe « un pas en arrière, un pas en avant » pour les entreprises ?
L'article 18 du règlement (CE) n° 178/2002 impose à toutes les entreprises de la chaîne alimentaire et de l'alimentation animale d'assurer la traçabilité de leurs produits à tous les stades de la production, de la transformation et de la distribution. Le principe « un pas en arrière – un pas en avant » concrétise cette obligation sur le plan opérationnel : chaque entreprise doit consigner auprès de quel fournisseur immédiat elle s’est approvisionnée en marchandises – et à quel client immédiat elle les a transmises. Un suivi complet sur l’ensemble des étapes n’est pas exigé ; le lien entre les différents maillons de la chaîne résulte de la documentation exhaustive de chaque étape. Concrètement, cela signifie que les données relatives aux fournisseurs et aux destinataires doivent être consultables à tout moment pour chaque lot, notamment en cas de demandes d’informations de la part des autorités et en cas de rappel.
En quoi le GTIN (Global Trade Item Number) et le GLN (Global Location Number) diffèrent-ils l'un de l'autre ? Et quel rôle ces deux identifiants jouent-ils dans la mise en place d'un système e
Le GTIN et le GLN sont deux identifiants GS1 fondamentalement différents qui répondent à des questions distinctes dans le système de traçabilité. Le GTIN (Global Trade Item Number) identifie un produit – c'est-à-dire « De quoi s'agit-il ? ». Il identifie de manière unique une unité commerciale et constitue la base du suivi des lots et des expéditions. Associé à un numéro de lot ou à un numéro de série (SGTIN), l’identifiant du produit devient un repère de traçabilité complet. Le GLN (Global Location Number) identifie un lieu ou une organisation – c’est-à-dire « Où se trouve-t-il ? » ou « Qui est impliqué ? ». Il désigne de manière unique et lisible par machine les sites de production, les entrepôts, les destinataires ou les fournisseurs. Dans le système de traçabilité, ces deux éléments s’imbriquent : le GTIN désigne l’objet du flux de marchandises, tandis que le GLN désigne les étapes concernées. Ce n’est qu’ensemble qu’ils permettent une reconstitution complète de la généalogie du produit – depuis le lot entrant chez le fournisseur en amont jusqu’au client livré.
Quel est le rôle de l'EPCIS (Electronic Product Code Information Services) en matière de traçabilité inter-entreprises, et en quoi complète-t-il les systèmes existants ?
EPCIS (Electronic Product Code Information Services) est une norme GS1 qui permet de collecter les données d'événements tout au long de la chaîne d'approvisionnement dans un format uniforme et de les rendre échangeables entre les entreprises. Le cœur de cette norme réside dans la documentation de ce que l'on appelle des « événements » : quand une marchandise a-t-elle été observée, où, dans quel état et dans quel contexte commercial ? EPCIS comble ainsi une lacune majeure des systèmes de codes-barres existants : alors que les codes GTIN, SSCC ou GS1-128 identifient des objets et des unités, EPCIS documente ce qui s’est réellement passé avec ces objets à chaque étape. Les systèmes de codes-barres fournissent le « quoi » – EPCIS fournit le « quand, où et pourquoi ». En termes de traçabilité inter-entreprises, cela signifie que les données d’événements issues de la production, du stockage, du transport et de la réception des marchandises sont regroupées dans un format structuré et lisible par tous les systèmes, permettant ainsi à la fois un suivi en aval et une traçabilité en amont au-delà des frontières de plusieurs entreprises.
Quelles sont les principales normes GS1 en matière de traçabilité ? Et quelle est la fonction concrète de chacun des codes GTIN, SSCC/NVE, GLN, GS1-128 et EPCIS ?
Les principales normes GS1 relatives à la traçabilité s'articulent entre elles pour former un système cohérent : le GTIN (Global Trade Item Number) identifie de manière unique un produit au niveau de l'article – ce qui constitue la base de toute attribution de lot et de produit. SSCC/NVE (Serial Shipping Container Code) identifie chaque unité d'expédition comme une entité logistique distincte et unique – ce qui est déterminant lors du transfert au transporteur et en cas de rappel de produits. GLN (Global Location Number) identifie de manière unique les sites et les partenaires commerciaux – le site de production, l'entrepôt ou le destinataire peuvent ainsi être clairement localisés. GS1-128 est la norme de code-barres qui permet de transmettre de manière lisible par machine le GTIN, le SSCC, le numéro de lot et d’autres attributs sur l’étiquette. EPCIS (Electronic Product Code Information Services) collecte et partage des données d’événements – quand, où, quoi, pourquoi – à l’échelle inter-entreprises, permettant ainsi un suivi sans faille en amont et en aval tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
Pourquoi la traçabilité des lots revêt-elle une importance particulièrement cruciale dans les secteurs agroalimentaire, pharmaceutique et automobile ?
Dans les secteurs agroalimentaire, pharmaceutique et automobile, la traçabilité des lots revêt une importance cruciale, car tout défaut peut y avoir des conséquences directes sur la santé ou la sécurité. Des denrées alimentaires contaminées, des médicaments défectueux ou des composants automobiles défectueux peuvent mettre des vies humaines en danger. Les exigences réglementaires sont donc très strictes : dans le secteur alimentaire, le principe « one step back – one step forward » impose la documentation étape par étape de toutes les relations entre fournisseurs et destinataires ; dans le domaine des dispositifs médicaux, le règlement européen MDR 2017/745 exige une identification unique par pièce (Unique Device Identification), obligatoire à partir de la classe I. Un système de traçabilité des lots efficace permet, dans tous ces secteurs, de cerner avec précision les unités concernées en cas de rappel, plutôt que de bloquer à titre préventif des gammes de produits entières.